Retraite au Portugal : ce qui a vraiment changé depuis la fin du RNH

La retraite au Portugal reste une option pertinente en 2026. Toutefois, ce projet a changé de nature depuis la fin du régime RNH. Le calcul n’est plus seulement fiscal. Il est devenu une vraie question de budget et de mode de vie à anticiper sérieusement.

Pendant plus de dix ans, prendre sa retraite au Portugal rimait avec pension faiblement taxée et coût de la vie imbattable. Depuis le 1er janvier 2024, cette équation a changé. Les nouveaux retraités relèvent désormais du barème progressif portugais. Et les prix de l’immobilier à Lisbonne ou à Porto ont sérieusement grimpé ces dernières années.

Le pays garde malgré tout de solides arguments. Il possède un climat doux toute l’année. La sécurité reste parmi les meilleures d’Europe. C’est aussi un système de santé accessible et une communauté française déjà bien installée, notamment en Algarve et dans la région de Lisbonne. Disons que tout est relatif. Ce qui faisait du Portugal un eldorado fiscal ne suffit plus, à lui seul, à justifier le départ.

Dans cet article, je fais le point sur ce qui compte vraiment pour un projet de retraite au Portugal en 2026. Je vous parle fiscalité réelle, démarches administratives (NIF, NISS, formulaire S1), budget mensuel. Et je vous donne les régions à privilégier selon votre profil. Vous saurez ainsi si cette destination a toujours du sens pour vous.

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Pourquoi la retraite au Portugal séduit-elle encore les Français ?

Définition : RNH et IFICI
Le RNH (Résident Non Habituel) était un statut fiscal créé en 2009. Il est fermé aux nouveaux arrivants depuis le 1er janvier 2024. Il permettait une exonération ou une faible taxation des pensions étrangères pendant dix ans. Il a été remplacé par l’IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação), réservé aux profils actifs de la recherche et de l’innovation. Les pensions de retraite n’entrent pas dans son champ.

Malgré la fin des avantages fiscaux, le Portugal reste une destination de choix pour la retraite. Le pays occupe la 7e place du classement 2026 du Global Peace Index. Il s’agit d’un rang qui confirme sa réputation de pays sûr et stable. Cela le place devant la plupart des grandes destinations d’expatriation européennes.

Le climat joue aussi en sa faveur. L’Algarve cumule plusieurs centaines de jours de soleil par an. Et les hivers y restent doux. Ce qui change beaucoup de choses au quotidien pour un retraité qui fuit la grisaille.

La proximité avec la France compte également. Deux heures et demie de vol suffisent pour rejoindre Paris ou Toulouse depuis Lisbonne, Porto ou Faro. Vos enfants et petits-enfants pourront donc venir vous voir sans logistique compliquée. Et vous ne manquerez pas les moments importants restés en France.

Enfin, la communauté française est déjà bien implantée. Selon l’Ambassade de France au Portugal, plus de 21 000 personnes étaient inscrites au registre consulaire au 1er janvier 2025. Ce chiffre ne reflète toutefois qu’une partie de la réalité. La communauté française réelle, binationaux compris, est généralement estimée nettement supérieure à ce total.

Consultez mon article sur vivre au Portugal. Il peut aussi vous être utile si votre projet s’accompagne d’une activité de conseil ou d’un télétravail partiel avant la retraite complète.

La fin du RNH : ce que cela change vraiment pour votre pension

Depuis le 1er janvier 2024, le régime RNH est fermé aux nouveaux arrivants. Si vous vous installez aujourd’hui, votre pension sera imposée selon le barème progressif portugais de l’IRS. Les taux s’échelonnent globalement entre 13 % et 48 %, avec une surtaxe de solidarité à partir de 80 000 € de revenus annuels.

L’IFICI, qui a pris la suite du RNH, ne change rien pour vous. Ce régime cible exclusivement les revenus d’activité dans la recherche, l’innovation ou certaines fonctions qualifiées. Les pensions de retraite en sont explicitement exclues, quel que soit votre profil.

Il existe tout de même une bonne nouvelle. La convention fiscale franco-portugaise du 14 janvier 1971 reste en vigueur. Elle évite la double imposition, mais son application dépend de la nature de votre pension. Les pensions publiques (fonction publique, la plupart du temps) restent en général imposables en France. Les pensions privées, elles, sont imposées au Portugal dès lors que vous y devenez résident fiscal.

Pour devenir résident fiscal portugais, deux conditions alternatives suffisent. Séjourner au moins 183 jours par an sur le territoire, ou disposer d’un logement laissant supposer une installation durable. C’est cette bascule qui déclenche vos obligations déclaratives, avec une déclaration IRS à déposer chaque année, entre avril et juin, sur le portail fiscal portugais.

Remarque
Vous restez redevable de la Cotisation d’Assurance Maladie (COTAM). Cela s’applique au taux de 3,2 % sur votre pension de base et de 4,2 % sur votre pension complémentaire. Et ce, même une fois que vous êtes résident fiscal au Portugal. En revanche, vous êtes exonéré de CSG, de CRDS et de CASA. Un point souvent oublié dans les calculs de budget.
Fin du RNH au Portugal
La fin du RNH : ce que cela change vraiment pour votre pension

Quel est l’âge légal de départ à la retraite au Portugal ?

L’âge légal de départ à la retraite au Portugal est fixé à 66 ans et 9 mois en 2026, contre 66 ans et 7 mois en 2025. Cet âge est ajusté chaque année selon l’espérance de vie.

L’âge légal de la retraite est régulièrement ajusté en fonction de l’espérance de vie.

comme le précise le CLEISS

Cette règle concerne la pension portugaise, versée à ceux qui ont cotisé localement au moins quinze ans. Si vous transférez uniquement votre résidence sans avoir travaillé au Portugal, votre pension française continue d’être versée selon les règles françaises. Et ce, indépendamment de cet âge légal portugais.

Quel budget prévoir pour vivre sa retraite au Portugal ?

Le budget reste, avec la fiscalité, le deuxième grand poste à anticiper. Comptez, à titre d’estimation, autour de 2 000 à 2 500 € par mois pour un couple menant une vie confortable hors des zones les plus touristiques. Ce chiffre varie fortement selon la région et le mode de vie.

Lors d’une expatriation à Lisbonne et à Porto, le budget grimpe nettement. Un T2 en centre-ville se loue désormais entre 800 et 1 500 € par mois selon le quartier. C’est un niveau qui se rapproche de celui de certaines métropoles françaises. En Algarve, comptez plutôt 700 à 1 100 € pour un logement équivalent, et sensiblement moins dans les régions rurales.

En dehors du logement, l’alimentation locale, les transports en commun et les loisirs restent nettement plus abordables qu’en France. En revanche, l’électricité, le chauffage et les forfaits télécoms affichent des tarifs assez proches des nôtres. Cela surprend souvent les nouveaux arrivants.

Il faut aussi tenir compte de l’inflation portugaise, qui a fortement pesé sur le pouvoir d’achat entre 2022 et 2024 avant de revenir à un niveau plus modéré. L’écart de coût de la vie avec la France, bien réel, s’est donc resserré ces dernières années, notamment dans les grandes villes.

Conseil
Pour alléger votre budget sans sacrifier la qualité de vie, regardez du côté de l’intérieur des terres ou de la Côte d’Argent plutôt que Lisbonne, Porto ou les zones les plus touristiques de l’Algarve. Les prix de l’immobilier et les loyers y sont souvent deux fois plus bas.

Pour affiner votre projet et éviter les erreurs de calcul les plus courantes, mon article sur le budget d’une expatriation détaille les postes de dépenses souvent sous-estimés au départ.

Obtenir son NIF, son NISS et son certificat de résidence

Trois documents conditionnent toute votre installation. Le NIF (Número de Identificação Fiscal) est votre numéro fiscal : sans lui, impossible d’ouvrir un compte bancaire, de louer un logement ou de souscrire une ligne téléphonique.

Le NISS (Número de Identificação da Segurança Social) vous identifie auprès de la Segurança Social portugaise. Le Número nacional de utente, enfin, conditionne votre inscription au centre de santé de votre lieu de résidence.

Si vous prévoyez de rester plus de trois mois, vous devrez aussi demander votre Certificat de Résidence Européen (CRUE) auprès de la mairie, ou junta de freguesia, de votre nouveau domicile. Ce document prouve officiellement votre droit de séjour passé 90 jours, et un titre de séjour devient nécessaire passé 180 jours.

Démarches pour prendre sa retraite au Portugal

Pensez également à vous inscrire au registre des Français établis hors de France, une démarche gratuite et non obligatoire, mais recommandée pour faciliter vos démarches consulaires : vote, documents d’identité, assistance en cas d’urgence.

Astuce
Depuis le 17 mars 2025, le Portugal a lancé une procédure simplifiée permettant de demander NIF, NISS et número de utente en une seule démarche. Elle n’est pour l’instant disponible que dans certains Espaces citoyens (Lojas do Cidadão) et pas encore généralisée à tout le territoire. Renseignez-vous sur sa disponibilité dans votre future ville avant de compter dessus.

Comment fonctionne la prise en charge santé pour un retraité français ?

En tant que retraité du régime français, vous conservez vos droits à l’assurance maladie grâce au formulaire S1 (l’ancien E121), à demander auprès de votre caisse de retraite avant le départ. Ce document ouvre vos droits au Service National de Santé portugais (SNS), le système public local.

Le SNS est de qualité, mais les délais d’attente pour consulter un spécialiste peuvent être longs. C’est pourquoi une large part des retraités français complètent cette couverture par une assurance santé privée, qui donne accès à des cliniques modernes où le personnel parle souvent anglais, parfois français.

La santé pendant la retraite au Portugal

Vous pouvez aussi conserver un lien avec le système français via la Caisse des Français de l’Étranger (CFE), qui rembourse vos soins sur la base des tarifs français, en complément ou en alternative à la couverture portugaise. Cette option reste particulièrement utile si vous continuez à faire des allers-retours réguliers vers la France pour vos suivis médicaux.

Enfin, sachez que votre carte européenne d’assurance maladie reste valable si vous conservez des droits ouverts en France, par exemple lors de vos séjours ou vacances sur le sol français.

Conseil
Avant de choisir une assurance privée, comparez au moins deux ou trois devis. Et vérifiez les délais de carence, notamment pour l’hospitalisation. Une bonne complémentaire coûte généralement une centaine d’euros par mois et par personne. C’est un budget à prévoir dès le départ.

Pour comparer les options disponibles en détail, mon article sur l’assurance santé de l’expatrié reste une bonne base de réflexion, même s’il ne concerne pas spécifiquement les retraités.

Où s’installer ? Les régions préférées des retraités français

Le Portugal ne se vit pas de la même façon d’un bout à l’autre du pays. Votre région d’installation change beaucoup votre budget, votre climat au quotidien et la facilité de votre intégration.

L’Algarve reste la destination la plus prisée, avec des villes comme Tavira, Lagos ou Loulé qui offrent un cadre de vie paisible et une forte communauté francophone. Les zones les plus touristiques, en revanche, deviennent très animées en été, ce qui ne convient pas à tous les profils.

Lisbonne et ses environs, Cascais ou Sintra notamment, séduisent les retraités qui ne veulent pas couper totalement avec la vie urbaine. On y trouve de nombreux praticiens francophones, mais les prix de l’immobilier y sont parmi les plus élevés du pays, comme évoqué plus haut.

Porto séduit de plus en plus de retraités français ces dernières années. La ville offre un cadre dynamique à des prix encore raisonnables comparés à la capitale, malgré un climat plus humide une bonne partie de l’année.

Moins connue, la Côte d’Argent, autour de Nazaré, Óbidos ou Caldas da Rainha, séduit les retraités qui recherchent le calme et des prix plus doux, au prix d’une offre de services francophones plus réduite. L’Alentejo, à l’intérieur des terres, complète le tableau pour ceux qui recherchent avant tout l’authenticité et les grands espaces.

RégionCoût de la vieCommunauté francophoneClimatIdéal pour…
AlgarveÉlevé en bord de merTrès présenteTrès ensoleillé, doux l’hiverLa vie balnéaire et sociale
Lisbonne & environs (Cascais, Sintra)ÉlevéImportanteDoux, océaniqueLa vie urbaine et culturelle
Porto & le NordModéréEn croissancePlus humideUn compromis ville/prix
Côte d’Argent (Nazaré, Óbidos)Modéré à basDiscrèteTempéré, ventéLe calme et les petits prix
Alentejo & intérieur des terresBasFaibleChaud et sec l’étéLes grands espaces, l’authenticité

Pour un aperçu plus détaillé de la vie dans la capitale, en dehors du seul aspect retraite, mon article vivre à Lisbonne complète utilement cette section.

Retraite au Portugal : avantages et inconvénients à regarder en face

Voici, en synthèse, ce qui pèse vraiment dans la balance en 2026, avant tout arbitrage définitif.

Les avantages de prendre sa retraite au Portugal

  • Une sécurité parmi les meilleures d’Europe, avec la 7e place au Global Peace Index 2026
  • Un climat doux toute l’année, particulièrement dans le Sud
  • Un coût de la vie encore inférieur à la France en dehors des grandes villes
  • Un système de santé public accessible via le formulaire S1
  • Une communauté française déjà bien implantée, notamment en Algarve
  • Une proximité géographique confortable avec la France

Les limites à ne pas sous-estimer

  • La fin des avantages fiscaux du RNH : une imposition classique désormais
  • Un immobilier en forte hausse à Lisbonne et à Porto
  • Des délais d’attente parfois longs dans le système de santé public
  • Des démarches administratives qui demandent de la patience
  • Une barrière de la langue, malgré un bon niveau d’anglais dans les grandes villes

Certes, le Portugal n’est plus l’eldorado fiscal qu’il a été, mais il conserve de solides atouts pour qui privilégie la qualité de vie au rendement fiscal pur. Si vous hésitez encore entre deux destinations, mon article sur la retraite en Espagne vous permettra de comparer les deux options plus en détail.

La retraite au Portugal, est-ce fait pour vous ?

Sélectionnez les 3 critères qui comptent le plus pour vous, puis regardez le résultat.

Allez-vous choisir le Portugal pour votre retraite ?

Alors, la retraite au Portugal, bonne ou mauvaise idée en 2026 ? La réponse vous appartient. Si vous recherchez avant tout un cadre de vie sûr, un climat agréable et une communauté française déjà présente, le pays reste une destination solide.

En revanche, il faut être honnête. L’optimisation fiscale qui a longtemps fait la réputation du Portugal a disparu pour les nouveaux arrivants. Et le coût de la vie a sensiblement augmenté dans les grandes villes. Faites vos calculs avant de vous engager, idéalement avec un conseiller fiscal qui connaît bien la convention franco-portugaise.

Bien entendu, je ne cesserai jamais d’insister sur l’importance d’anticiper vos démarches, NIF, NISS et formulaire S1 en tête, plutôt que de les découvrir une fois sur place.

N’hésitez pas à partager votre expérience en commentaire si vous avez déjà franchi le pas. Et pour ne rien oublier avant votre départ, téléchargez ma check-list spécialement conçue pour préparer votre expatriation.

Foire aux questions sur la retraite au Portugal

Est-il intéressant de passer sa retraite au Portugal ?

Quel est le montant d’une retraite au Portugal ?

Quel budget mensuel pour vivre au Portugal ?

Quel est l’âge de départ à la retraite au Portugal ?

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