S’expatrier sans parler un mot d’anglais : est-ce vraiment possible ?
| 📌 En résumé Oui, s’expatrier sans parler un mot d’anglais est possible, mais cela dépend de votre destination, de votre situation professionnelle et de votre projet de vie. Dans les pays francophones (Québec, Maroc, Sénégal…), l’anglais est secondaire. Dans les pays non anglophones (Espagne, Portugal, Allemagne…), la langue locale prime. Et dans les pays anglophones, l’anglais devient indispensable. Dans tous les cas, apprendre au moins les bases d’une langue étrangère (qu’elle soit locale ou anglaise) transforme radicalement votre intégration et votre autonomie. |
67 % des Français se disent mal à l’aise à l’écrit en anglais. À l’oral, ce chiffre grimpe à 73 %. Ce sont les résultats d’une l’enquête Ipsos. Alors vous allez me dire : « peut-on vraiment s’expatrier sans parler un mot d’anglais ? »
Faut-il impérativement maîtriser la langue de Shakespeare pour vivre, travailler et s’épanouir à l’étranger ? Ou existe-t-il des stratégies alternatives (apprendre la langue locale, vivre dans un pays francophone, travailler en remote) qui permettent de contourner cet obstacle ?
Dans cet article, je réponds à toutes ces questions sans détour. Vous trouverez les destinations les plus accessibles sans anglais, les situations où l’anglais reste indispensable, et surtout des conseils concrets pour avancer, même si vous partez de zéro.
- S’expatrier sans parler anglais : ce que ça veut vraiment dire
- Dans quels pays peut-on s’expatrier sans parler un mot d’anglais ?
- Pourquoi l’anglais reste un atout même dans les pays non anglophones
- Barrière de la langue : les vraies conséquences pour les conjoints expatriés
- Tableau comparatif : anglais et langue locale selon votre situation
- Comment apprendre l’anglais ou la langue locale avant de partir ?
- Travailler à l’étranger sans parler anglais : ce qui est possible
- Que choisissez-vous : une expatriation avec ou sans anglais ?
- FAQ l’expatriation sans parler anglais

S’expatrier sans parler anglais : ce que ça veut vraiment dire
L’anglais est souvent présenté comme un passeport universel. Et c’est vrai, dans une certaine mesure. C’est la langue de communication internationale par excellence, celle qu’on retrouve dans les aéroports, les emails professionnels, les conférences. Mais confondre « avoir de l’anglais » et « savoir s’expatrier » est une erreur fréquente.
S’expatrier sans parler un mot d’anglais, c’est d’abord une question de contexte. Tout dépend de la destination, de la durée du séjour, de votre situation professionnelle et du type de vie que vous souhaitez mener. En effet, un conjoint suiveur qui arrive pour vivre en Espagne n’a pas les mêmes besoins linguistiques qu’un cadre détaché à Londres.
Toutefois, une chose est sûre : l’absence totale de langue commune (ni anglais, ni langue locale) est la situation la plus difficile à vivre. Elle génère isolement, frustration et dépendance. Et c’est précisément ce que je vois chez les nouveaux arrivants.
| 💡 Astuce Avant de partir, identifiez votre situation : allez-vous dans un pays anglophone, francophone ou non anglophone ? Votre stratégie linguistique sera radicalement différente selon la réponse. |
Dans quels pays peut-on s’expatrier sans parler anglais ?
Bonne nouvelle : il existe de nombreuses destinations accessibles sans maîtrise de l’anglais. Voici les trois grandes familles de pays où l’anglais n’est pas un prérequis absolu.
Les pays francophones : la transition la plus douce
Le choix le plus évident pour les Français qui s’expatrient sans parler anglais ? Les pays où le français est langue officielle ou très largement parlé.
- Le Québec (Canada) : français langue officielle, culture occidentale, procédures d’immigration bien balisées. C’est la destination phare pour les familles expatriées qui souhaitent s’installer au Canada.
- Le Maroc : forte communauté française, bilinguisme français-arabe, coût de la vie attractif. Le Maroc attire de nombreux Français expatriés.
- Le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Bénin : des pays qui accueillent de nombreux expatriés francophones, avec des liens culturels forts avec la France.
- Les DOM-TOM (Vivre à La Réunion, Martinique, Guadeloupe, Polynésie française) : juridiquement français, mais une vraie expatriation sur le plan du dépaysement.
Les pays hispanophones et lusophones : une langue proche du français
L’Espagne, le Portugal, le Mexique, l’Argentine… Ces destinations ont un atout de taille : leurs langues (espagnol et portugais) sont proches du français. L’apprentissage est donc bien plus rapide pour nous.
D’ailleurs, si vous envisagez de vous installer en Espagne, j’ai consacré un article complet à la vie à Barcelone en tant que Français·e. Vous y trouverez des conseils très concrets.
Les pays non francophones sans prérequis anglophone
L’Allemagne, les Pays-Bas, le Japon, la Thaïlande : ce sont des destinations où l’anglais n’est pas la langue officielle. Dans ces pays, la langue locale prime. L’anglais peut vous dépanner en ville, mais il ne remplacera pas l’apprentissage du néerlandais ou de l’allemand sur le long terme.
Pourquoi l’anglais reste un atout même dans les pays non anglophones
Même si vous partez dans un pays non anglophone, l’anglais conserve une valeur réelle. C’est la langue de référence dans de nombreux secteurs professionnels : technologie, finance, marketing international, recherche scientifique.
Selon une enquête EF English Proficiency (Index 2023), les Français se classent dans la catégorie « niveau modéré ». Il s’agit d’un résultat qui peut surprendre, mais qui masque de fortes disparités selon les générations et les milieux professionnels. Concrètement, beaucoup d’expatriés français découvrent à l’arrivée que leur niveau réel ne suffit pas pour les situations du quotidien.

One language sets you in a corridor for life. Two languages open every door along the way.
— Frank Smith, psycholinguiste
L’anglais, c’est aussi la langue de la communauté expatriée. Dans presque toutes les villes du monde, les groupes d’expats fonctionnent en anglais. Si vous ne le parlez pas du tout, vous risquez de rester à l’écart de ce réseau. C’est une vraie perte, notamment pour les conjoints suiveurs en quête de liens sociaux.
Barrière de la langue : les vraies conséquences pour les conjoints expatriés
Je ne vais pas vous mentir. Ne parler ni la langue locale ni l’anglais, c’est la situation la plus difficile à vivre quand on est conjoint expatrié. Je le vois suffisamment pour vous le dire sans détour.
L’isolement, premier risque
Quand on ne comprend pas ce qui se dit autour de soi, on se replie. Les courses, les rendez-vous médicaux, les réunions de parents d’élèves… Chaque acte du quotidien devient une épreuve. La dépendance au conjoint s’installe, et avec elle, une perte d’autonomie qui peut rapidement affecter l’estime de soi.
La frustration professionnelle
Trouver un emploi à l’étranger sans langue commune, c’est quasi impossible dans la plupart des secteurs. Même pour des postes locaux peu qualifiés, la langue locale est exigée. Et pour accéder à des postes internationaux, l’anglais est souvent incontournable.
Toutefois, le télétravail change la donne. Si vous exercez une activité freelance ou en remote pour des clients français, la langue locale devient secondaire. C’est une vraie opportunité pour les conjoints suiveurs.
| À retenir Ne pas parler la langue n’empêche pas l’expatriation. Toutefois, cela ralentit considérablement l’intégration sociale et professionnelle. La question n’est pas « est-ce possible ? » mais « à quel prix ? » |
Tableau comparatif : anglais et langue locale selon votre situation
Pour vous aider à visualiser les enjeux, voici un tableau synthétique selon les grandes situations d’expatriation :
| Situation | Anglais nécessaire ? | Langue locale indispensable ? | Meilleur pour… |
| Pays anglophone (UK, USA, Australie) | Oui, indispensable | C’est la langue locale | Carrière internationale |
| Pays francophone (Québec, Maroc, Sénégal) | Non, sauf opportunités | Français suffit | Transition douce |
| Pays non anglophone (Espagne, Portugal, Allemagne…) | Utile mais pas suffisant | Très fortement recommandé | Immersion culturelle profonde |
| Télétravail / Freelance depuis l’étranger | Parfois (clients intl.) | Peu, selon activité | Indépendance géographique |
| Expatriation courte (< 1 an) | Anglais aide | Bases recommandées | Mobilité temporaire |
| Expatriation longue (> 2 ans) | Anglais + langue locale | Fortement conseillé | Intégration durable |
| Conjoint suiveur sans emploi local | Variable | Priorité #1 pour l’autonomie | Autonomie au quotidien |
Source : synthèse basée sur les données InterNations Expat Insider 2023 et le Baromètre Expat Communication.
Comment apprendre l’anglais ou la langue locale avant de partir ?
La bonne nouvelle, c’est qu’aujourd’hui les ressources pour apprendre une langue n’ont jamais été aussi accessibles. Et vous n’avez pas besoin d’atteindre un niveau parfait avant de partir.
Les applications mobiles : apprendre partout, sans contrainte
Quelques options qui fonctionnent vraiment, testées et approuvées par des conjoints expatriés :
- Babbel : des cours structurés par des linguistes, adaptés à votre niveau. Idéal pour progresser vite sur les bases.
- Duolingo : gratuit, ludique, parfait pour maintenir la régularité et apprendre en s’amusant.
- MosaLingua : une méthode basée sur la répétition espacée, très efficace pour mémoriser le vocabulaire utile.
Les cours en ligne avec un professeur : l’option la plus efficace
Si vous voulez progresser rapidement, rien ne remplace un accompagnement personnalisé. Des plateformes comme italki permettent de trouver un professeur natif à des tarifs très accessibles, souvent entre 10 et 25 € l’heure.
N’hésitez pas aussi à demander à l’entreprise de votre conjoint si elle finance des cours de langue. Certains employeurs le font, notamment pour les conjoints suiveurs.
L’immersion sur place : le meilleur accélérateur
Une fois arrivé·e dans votre pays d’expatriation, l’immersion fait des miracles. Sortir, parler aux voisins, s’inscrire à des activités locales, rejoindre des groupes de conversation. Chaque interaction est une leçon.
Des sites comme My Language Exchange ou MeetUp permettent de trouver des partenaires de conversation locaux qui souhaitent apprendre le français. Un échange gagnant-gagnant.
| 🎯 Conseil Fixez-vous un objectif SMART avant le départ : « Dans 3 mois, je veux pouvoir faire mes courses et prendre rendez-vous chez le médecin en [langue locale]. » C’est concret, motivant et mesurable. |
Travailler à l’étranger sans parler anglais : ce qui est possible
Vivre à l’étranger sans parler anglais, c’est envisageable. Travailler à l’étranger sans parler anglais, c’est plus sélectif, mais loin d’être impossible.

Le freelance et le télétravail : l’indépendance linguistique
Si vous travaillez en remote pour des clients français (rédaction web, graphisme, coaching, comptabilité), votre langue de travail reste le français. La langue du pays d’accueil devient alors optionnelle au quotidien professionnel.
C’est une voie que j’explore en profondeur dans mon article devenir freelance à l’étranger. Si vous cherchez une reconversion professionnelle adaptée à l’expatriation, c’est un point de départ incontournable.
Les secteurs qui recrutent sans anglais (ou presque)
Dans certains secteurs locaux, l’anglais n’est pas systématiquement requis, notamment si la langue locale est maîtrisée. C’est le cas dans :
- L’enseignement du français langue étrangère (FLE). Votre langue maternelle devient votre compétence principale
- La restauration et l’hôtellerie dans des établissements locaux
- Les soins à la personne et les services à domicile
- Certains postes dans des entreprises françaises implantées à l’étranger
Les limites à connaître
Soyons honnêtes : dans la majorité des marchés de l’emploi internationaux, l’anglais reste un prérequis pour des postes qualifiés. Et même dans les pays francophones comme le Maroc ou le Sénégal, les entreprises internationales exigent souvent l’anglais en plus du français.
Ce que l’on observe sur le terrain (et que de nombreux conjoints expatriés confirment ), c’est que la barrière linguistique est rarement un blocage absolu, mais qu’elle réduit le champ des possibles. Mieux vaut en avoir conscience avant de partir.

Que choisissez-vous : une expatriation avec ou sans anglais ?
Alors, s’expatrier sans parler un mot d’anglais : oui ou non ? Si la réponse est oui, elle reste sous certaines conditions. Votre destination, votre projet de vie et votre capacité à apprendre au moins une langue étrangère (locale ou anglaise) sont les trois facteurs qui détermineront votre niveau d’autonomie et de bien-être une fois sur place.
Ce que je conseille toujours : ne partez pas de zéro. Quelques mois de préparation linguistique avant le départ font une différence énorme. Vous n’avez pas besoin d’être bilingue ! Vous avez besoin d’être fonctionnel·le dans les situations du quotidien.
Et si la barrière de la langue vous angoisse, sachez que des milliers de conjoints expatriés l’ont surmontée avant vous. Avec les bons outils, la bonne méthode et la bonne dose de courage, vous y arriverez aussi.
Avez-vous déjà vécu une expatriation sans parler la langue locale ? Racontez-moi votre expérience en commentaire. Je lis chaque message avec attention.
Et pour ne rien oublier avant votre départ, téléchargez ma check-list spécialement conçue pour les conjoints expatriés. Elle vous guidera étape par étape dans votre préparation.
FAQ l’expatriation sans parler anglais
Peut-on vraiment s’expatrier sans parler un mot d’anglais ?
Oui, c’est possible. Mais cela dépend de votre destination et de votre projet de vie. Dans les pays francophones (Québec, Maroc, Belgique, Suisse romande…), l’anglais est secondaire et vous pouvez vous débrouiller uniquement en français.
Dans les pays non anglophones comme l’Espagne ou le Portugal, la langue locale prime sur l’anglais. En revanche, dans les pays anglophones (Royaume-Uni, États-Unis, Australie), l’anglais devient absolument indispensable, à la fois pour vivre et pour travailler.
Quels sont les pays les plus faciles pour s’expatrier sans parler anglais ?
Les destinations les plus accessibles pour les francophones sans anglais sont : le Québec (Canada), le Maroc, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Belgique, la Suisse romande, et les DOM-TOM (La Réunion, Martinique, Guadeloupe).
L’Espagne et le Portugal sont également accessibles grâce à la proximité des langues romanes. En effet, l’espagnol et le portugais s’apprennent nettement plus vite que l’anglais pour des francophones.
L’anglais est-il obligatoire pour trouver un emploi à l’étranger ?
Pas systématiquement, mais il représente un atout majeur dans la grande majorité des situations. Si vous travaillez en freelance pour des clients français depuis l’étranger, l’anglais n’est pas requis. Pour un emploi local dans un pays non anglophone, la langue locale prime.
Mais pour accéder à des postes qualifiés dans des entreprises internationales (quel que soit le pays), l’anglais reste très souvent exigé. C’est une réalité que confirment régulièrement les témoignages de conjoints expatriés en recherche d’emploi.
Comment apprendre rapidement la langue locale avant de partir ?
Les méthodes les plus efficaces sont : une application mobile (Babbel, MosaLingua, Duolingo) pour les bases, des cours avec un professeur natif en ligne (via italki ou Preply) pour progresser rapidement, et des échanges de conversation avec des locaux (via My Language Exchange ou MeetUp).
Fixez-vous un objectif concret et mesurable : maîtriser les situations du quotidien (courses, médecin, école des enfants) dans les 3 premiers mois. Ensuite, l’immersion sur place fait le reste.
Les conjoints expatriés sans emploi ont-ils besoin de parler anglais ?
Même sans emploi local, maîtriser au moins une langue (anglais ou langue locale) change radicalement le quotidien d’un conjoint suiveur. C’est ce qui permet de faire les démarches administratives seul·e, de scolariser les enfants sans dépendre de son conjoint, de créer un réseau social et de lutter contre l’isolement.
Dans les communautés expatriées, l’anglais sert souvent de langue commune entre personnes de nationalités différentes. Ne pas le parler du tout peut donc renforcer le sentiment d’exclusion.


