Vivre au Portugal : le guide complet pour préparer votre installation
Ce qu’il faut retenir
- Formalités : le NIF s’obtient gratuitement auprès des Finanças, puis le certificat d’enregistrement (CRUE) se demande en mairie après trois mois de séjour, dans un délai de 30 jours.
- Salaires : minimum légal à 920 € bruts sur quatorze mois en 2026, rémunération brute moyenne de 1 694 € par mois en 2025, dont 1 483 € dans le secteur privé (INE).
- Coût de la vie : niveau général des prix inférieur d’environ 20 % à celui de la France (Eurostat, 2025), sauf le logement à Lisbonne et la facture d’électricité.
- Budget mensuel : 1 200 € pour une personne seule, 1 800 € pour un couple, 2 500 € pour une famille de quatre. Ajoutez 20 à 30 % à Lisbonne. Fiscalité : le régime NHR est fermé depuis 2024. L’IFICI qui le remplace vise des profils très ciblés et n’accorde aucun avantage sur les pensions.
Vivre au Portugal attire de plus en plus de Français. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères recensait 21 036 inscrits au registre consulaire au 1er janvier 2025. Et l’ambassade estime la communauté réelle entre 50 000 et 60 000 personnes.
Les profils sont très variés : jeunes actifs, familles avec enfants, retraités, télétravailleurs. Ce qui les rassemble ? Un climat doux, des prix inférieurs à ceux de la France et une population accueillante.
Le revers existe aussi. Les salaires locaux sont bas, le marché locatif est saturé dans les grandes villes, et l’avantage fiscal qui faisait la réputation du pays a disparu avec la fin du régime NHR en 2024. Un projet d’installation ne se construit pas sur une carte postale. Et pour le conjoint, il existe aussi des défis à relever et ce, dès son arrivée.
Vous trouverez ici les formalités à accomplir, les salaires réels, le budget par profil, les régions où s’installer et la fiscalité applicable depuis 2026. Cet article s’adresse aussi à ceux qui préparent une expatriation en famille. Voyons donc si vivre au Portugal correspond à votre situation.
- Pourquoi vivre au Portugal ?
- Quelles sont les conditions pour s’installer au Portugal ?
- Où vivre au Portugal : Lisbonne, Porto ou Algarve ?
- Trouver un logement au Portugal : prix et zones
- Travailler au Portugal : secteurs, salaires et opportunités
- Quel salaire pour vivre confortablement au Portugal ?
- La fiscalité portugaise : ce qui a changé ces dernières années
- Les difficultés de vivre au Portugal (la réalité terrain)
- Ce qu’il faut retenir sur la vie au Portugal
- L’expérience d’une expatriation au Portugal vous tente ?
- FAQ vivre au Portugal

Pourquoi vivre au Portugal ?
Le Portugal s’est imposé ces dernières années comme l’une des destinations privilégiées des expatriés européens. Et ce n’est pas un hasard. Dans l’enquête Expat Insider 2026 d’InterNations, menée auprès de près de 8 000 expatriés, le Portugal se classe 8e sur 31 destinations. Il monte à la 4e place sur le volet finances personnelles et à la 7e sur la facilité d’intégration.
Un climat exceptionnel
L’un des premiers atouts qui attirent vers le Portugal, c’est bien sûr son climat. Avec plus de 300 jours d’ensoleillement par an dans certaines régions, des hivers doux et des étés chauds mais supportables grâce à la brise atlantique, le pays offre un cadre de vie agréable toute l’année. Cette destination se différencie des pays du Nord comme une vie en Norvège par exemple.
Contrairement à d’autres destinations méditerranéennes, le Portugal bénéficie d’une diversité climatique. Si l’Algarve jouit d’un climat quasi méditerranéen, le nord du pays connaît des hivers plus frais et humides. À vous de choisir selon vos préférences !
« Le Portugal occupe la 7ème place mondiale au Global Peace Index 2026. »
Une qualité de vie enviable
Le rythme de vie au Portugal est nettement plus détendu qu’en France. Les Portugais prennent le temps de vivre, de profiter de leur famille, d’aller à la plage après le travail. Ce rapport au temps plus apaisé séduit de nombreux expatriés en quête d’un meilleur équilibre vie professionnelle-vie personnelle.
Le Portugal est aussi un pays sûr, et ce n’est pas qu’une impression. Il occupe la 7ème place sur les 163 pays évalués par le Global Peace Index 2026, une position qu’il tient depuis 2023. La criminalité y est faible et l’on circule tranquillement en ville, même tard le soir.
Un accueil chaleureux
Les Portugais sont généralement très accueillants envers les étrangers. Certes, comme partout, il existe quelques réfractaires, mais dans l’ensemble, vous serez bien reçu. Les autochtones apprécient particulièrement les personnes qui font l’effort d’apprendre le portugais, même quelques mots de base.
D’ailleurs, la communauté française au Portugal est bien établie. En 2025, plus de 21 000 Français sont officiellement inscrits au registre consulaire, mais on estime qu’entre 50 000 et 60 000 Français vivent réellement sur le territoire en comptant les non-inscrits.
Une proximité géographique avec la France
Contrairement à d’autres destinations d’expatriation plus lointaines, le Portugal reste proche de la France. Vous pouvez rejoindre Lisbonne ou Porto en 2h-2h30 d’avion depuis Paris, ou même faire le trajet en voiture si vous avez le temps. Cette proximité facilite les allers-retours pour voir la famille et réduit considérablement le choc culturel.
Des paysages variés et magnifiques
Entre les plages dorées de l’Algarve, les falaises escarpées de la côte atlantique, les montagnes de la Serra da Estrela, les vignobles du Douro et les villes historiques comme Lisbonne et Porto, le Portugal offre une incroyable diversité de paysages. Vous ne risquez pas de vous ennuyer pendant vos week-ends !

Bref, la vie au Portugal offre un cadre de vie privilégié qui séduit de plus en plus de Français en quête d’une meilleure qualité de vie.
Quelles sont les conditions pour s’installer au Portugal ?
Pour s’installer au Portugal en tant que citoyen européen, vous devez obtenir un NIF (numéro fiscal) et un certificat de résident européen (CRUE) après 3 mois de présence. Vous devrez également vous inscrire au système de santé portugais (SNS) et justifier de ressources suffisantes pour subvenir à vos besoins.
Comme tout pays membre de l’espace Schengen, le Portugal accueille les citoyens européens sans demande de visa préalable. En tant que Français, vous pouvez donc circuler librement dans le pays. Mais lorsque vous partez pour vous installer durablement, certaines formalités administratives sont obligatoires.
Voyons en détail les étapes à suivre pour être en règle avec les autorités portugaises.
« Le NIF est la première démarche à effectuer pour s’installer au Portugal. »
Le NIF : votre premier pas obligatoire
Le NIF (Número de Identificação Fiscal) est absolument indispensable pour toute personne souhaitant s’installer au Portugal. C’est l’équivalent de notre numéro fiscal français, et sans lui, vous ne pourrez pratiquement rien faire sur place.
On vous demandera ce numéro pour :
- Louer ou acheter un logement
- Ouvrir un compte bancaire
- Payer vos impôts
- Acheter une voiture
- Souscrire un contrat d’électricité, d’eau ou d’internet
- Vous inscrire au centre de santé
Sans NIF, votre expatriation au Portugal risque de s’avérer très compliquée. C’est donc la toute première démarche à effectuer, idéalement avant même votre arrivée dans le pays.
Comment obtenir le NIF ?
Vous devez vous rendre dans un bureau des Finanças (l’équivalent des impôts) avec votre passeport ou carte d’identité en cours de validité. Il est également possible de mandater une personne sur place pour effectuer cette démarche à votre place si vous n’êtes pas encore au Portugal.
La demande est gratuite et le numéro est généralement délivré immédiatement. Faites-le avant tout le reste. Une fois obtenu, conservez-le précieusement car vous en aurez besoin très souvent !
Le certificat de résident européen (CRUE)
Après avoir obtenu votre NIF, la seconde étape importante consiste à demander le certificat de résident au Portugal. Ce certificat, plus communément appelé le CRUE (Certificado de Registo de Cidadão da União Europeia), est l’un des documents officiels les plus importants pour les expatriés européens au Portugal.
Il s’agit en fait de votre autorisation de résidence dans le pays, valable pour une durée de 5 ans renouvelable. Ce document est à demander auprès de la mairie dont vous dépendez, appelée la Câmara Municipal, lorsque vous passez plus de trois mois de résidence dans le pays.
Délai et procédure
Une fois que vous avez dépassé les 3 mois de présence au Portugal, vous disposez de 30 jours maximum pour effectuer votre demande de CRUE. Cette démarche peut se faire en ligne ou directement sur place, en fonction de votre ville de résidence.
Pour obtenir le CRUE, vous devrez fournir :
- Votre carte d’identité ou passeport en cours de validité
- Votre numéro NIF
- Une preuve de moyens de subsistance (contrat de travail, justificatif de revenus, relevés bancaires)
- Une preuve de logement (contrat de location ou titre de propriété)
- Une assurance santé (la CEAM ou une assurance privée)
Comptez une quinzaine d’euros, le tarif étant fixé par chaque mairie. Le document est généralement délivré en quelques semaines.
S’inscrire au système de santé portugais
Un aspect à ne surtout pas négliger pour vivre votre expatriation sereinement, c’est la santé. Il est donc essentiel de vous inscrire au Service National de Santé portugais (SNS), l’équivalent de notre assurance maladie.

Lorsque vous obtenez vos droits à la couverture maladie, vous n’aurez plus qu’à procéder à votre inscription dans le centre de santé (Centro de Saúde) rattaché à votre lieu de résidence.
La Carte Européenne d’Assurance Maladie (CEAM)
En attendant l’ouverture de vos droits au SNS portugais, sachez que si vous êtes porteur de la Carte Européenne d’Assurance Maladie délivrée en France, vous aurez accès aux soins urgents et nécessaires au Portugal.
Je vous recommande vivement de demander cette carte avant votre départ, elle est gratuite et vous sera très utile pendant vos premiers mois sur place.
L’assurance santé complémentaire
Le système public portugais fonctionne. Les délais, eux, s’allongent sur les consultations et les interventions non urgentes. C’est pourquoi de nombreux expatriés choisissent de souscrire à une assurance santé privée complémentaire.
À vous de voir ce qui correspond le mieux à vos besoins et à votre budget.
Autres démarches importantes
Une fois le NIF et le certificat de résident en poche, vous aurez encore quelques démarches à accomplir pour vous installer pleinement au Portugal :
- Ouvrir un compte bancaire portugais
- Immatriculer votre véhicule si vous en amenez un
- Transférer votre permis de conduire (facultatif mais recommandé)
- Scolariser vos enfants si vous vous expatriez en famille
- Vous inscrire sur les listes électorales consulaires
Disons que tout cela prend du temps, mais avec un peu d’organisation, vous devriez pouvoir accomplir toutes ces formalités en quelques mois.
Où vivre au Portugal : Lisbonne, Porto ou Algarve ?
Lisbonne pour l’emploi, Porto pour le rapport prix-dynamisme, l’Algarve pour le climat et la retraite, le centre du pays pour les petits budgets. L’arbitrage se joue surtout sur l’origine de vos revenus. Si vous travaillez à distance, tout devient possible.
La région où vous poserez vos valises change tout. Grande ville, campagne, bord de mer : chaque territoire a son public. Reste à savoir ce que vous placez en premier, entre les opportunités professionnelles, le budget et le cadre de vie.
Lisbonne : le plus grand marché de l’emploi du pays
Lisbonne concentre le plus grand nombre de postes, en particulier dans la tech, le tourisme et les services internationaux. C’est aussi la sous-région la plus chère du pays : 3 836 €/m² de prix médian à l’achat au 1er trimestre 2026 pour la Grande Lisbonne, et 17,42 €/m² de loyer médian sur la commune de Lisbonne, selon l’INE.

Ce décalage entre salaires portugais et prix lisboètes est ce qui surprend le plus les nouveaux arrivants. Les quartiers, le budget réel et les démarches propres à la capitale sont détaillés dans mon article Vivre à Lisbonne.
Porto : la meilleure alternative à Lisbonne ?
Porto, la deuxième ville du Portugal, séduit de plus en plus d’expatriés qui la considèrent comme une excellente alternative à Lisbonne. Elle offre une vie citadine dynamique à des prix encore plus abordables que la capitale, même si la tendance est à la hausse.
Les avantages de Porto
Porto possède un charme fou avec ses maisons colorées de la Ribeira, son patrimoine architectural classé à l’UNESCO, et son atmosphère authentique. La ville est également un hub économique important, notamment dans les secteurs du textile, de la technologie et du tourisme.
Le coût de la vie y est environ 20-25% moins élevé qu’à Lisbonne. Pour un T2 en centre-ville, comptez entre 600€ et 900€ par mois, ce qui reste bien plus accessible.
Par ailleurs, si vous n’avez pas encore une maîtrise parfaite du portugais, vous trouverez de nombreuses personnes parlant anglais dans les zones touristiques et les entreprises internationales.
Les inconvénients de Porto
Le climat de Porto est légèrement plus frais et humide que celui de Lisbonne ou de l’Algarve. Les hivers peuvent être pluvieux, même si les températures restent douces (rarement en dessous de 5°C).
Le marché de l’emploi y est moins développé qu’à Lisbonne, même s’il reste dynamique. Si vous cherchez un poste dans un secteur très spécifique, vos options seront peut-être plus limitées.
Budget mensuel pour vivre à Porto : environ 1 500-2 000€ pour un couple
L’Algarve : le sud ensoleillé du pays
L’Algarve attire principalement les retraités, les télétravailleurs et les familles qui cherchent le soleil à l’année. C’est la région portugaise où la population étrangère pèse le plus lourd. En effet, 27,9 % des résidents sont étrangers fin 2025, selon l’Institut national de statistique portugais (INE).
Le climat y est le plus doux du pays. En revanche, le marché de l’emploi reste très saisonnier et les prix immobiliers figurent parmi les plus élevés du Portugal, juste derrière la Grande Lisbonne. Le budget mensuel, les zones où s’installer, la météo mois par mois et les démarches locales sont détaillés dans mon article Vivre en Algarve.
Le centre du Portugal : l’option abordable
Si vous souhaitez des prix immobiliers vraiment accessibles et une immersion totale dans la vie portugaise authentique, optez pour le centre du Portugal. Des villes comme Coimbra, Viseu, Tomar ou encore la région de l’Alentejo offrent un excellent rapport qualité-prix.

Les avantages du centre du Portugal
Le coût de la vie y est nettement inférieur aux grandes villes. Pour un T2, vous pouvez trouver des locations à partir de 400-600€ par mois, et l’achat d’une maison est également bien plus abordable.
Ces régions sont parfaites si vous recherchez l’authenticité, le contact avec les Portugais et une vie plus simple. Vous serez également à mi-chemin entre Porto et Lisbonne, ce qui facilite les déplacements si nécessaire.
Les inconvénients du centre
Le marché de l’emploi y est très limité. À moins de télétravailler ou d’avoir une activité indépendante, il sera difficile de trouver un emploi sur place. Par ailleurs, ces zones sont moins internationalisées, donc l’anglais y est peu parlé et vous devrez impérativement apprendre le portugais.
Budget mensuel pour vivre dans le centre : environ 1 000-1 400€ pour un couple
Trouver un logement au Portugal : prix et zones
Comptez 800 à 1 200 € pour un T2 en centre de Lisbonne, 600 à 900 € à Porto, 400 à 600 € dans le centre du pays. La vraie difficulté n’est pas le prix, c’est la rareté. L’offre en location longue durée reste faible, surtout dans les zones touristiques.
L’un des plus grands défis lorsqu’on décide de vivre au Portugal, c’est de trouver une résidence en location longue durée. Le marché locatif portugais est tendu, surtout dans les grandes villes et les zones touristiques, en raison de l’essor des locations de type Airbnb et de l’afflux d’expatriés.
Le marché locatif : une vraie difficulté
Le Portugal reste un pays de propriétaires. En 2024, 73,4 % des habitants vivaient dans un logement leur appartenant, contre 68,4 % en moyenne dans l’Union européenne, selon Eurostat. Le marché locatif y occupe donc une place plus réduite qu’en France.
L’offre en location longue durée reste donc limitée. Beaucoup de propriétaires préfèrent la location touristique, bien plus rentable. C’est là que se joue la réussite de votre installation.
Mes conseils pour trouver un logement
Lancez vos recherches deux à trois mois avant le départ. Idealista, Imovirtual et Casa Sapo concentrent l’essentiel des annonces, et les groupes Facebook d’expatriés français au Portugal complètent le tour d’horizon. Passer par une agence locale garde tout son intérêt dans les zones tendues. Un dernier point, décisif : répondez vite. Les biens corrects partent en quelques heures.
Une location saisonnière peut servir de sas les premiers mois. Comptez 30 à 60 € la nuit hors saison. C’est plus cher, mais vous cherchez sans avoir un déménagement sur le dos.
Prix des locations par région
Voici un aperçu des prix moyens de location pour un appartement T2 (2 chambres) :
| Ville / Région | T2 centre-ville | T2 périphérie |
| Lisbonne | 800-1 200€ | 600-900€ |
| Porto | 600-900€ | 500-700€ |
| Algarve (zones touristiques) | 700-1 000€ | 500-800€ |
| Coimbra | 500-700€ | 400-600€ |
| Centre du Portugal | 400-600€ | 300-500€ |
| Alentejo | 400-650€ | 300-500€ |
Acheter un bien immobilier au Portugal
Si vous avez le budget et que vous êtes sûr de vouloir rester au Portugal sur le long terme, l’achat peut être une excellente option. Le marché immobilier portugais est accessible, et en tant que citoyen européen, vous n’avez aucune restriction pour acquérir une propriété.
Prix d’achat moyens par région (appartement T2)
Voici quelques fourchettes indicatives issues des annonces du marché
- Lisbonne (centre) : 300 000 – 500 000€
- Porto (centre) : 200 000 – 350 000€
- Algarve : 180 000 – 400 000€ (selon la zone)
- Centre du Portugal : 80 000 – 150 000€
L’avantage d’acheter, c’est que vous vous constituez un patrimoine et que vous pouvez bénéficier de la valorisation du marché immobilier portugais, qui reste dynamique malgré les hausses récentes.
Attention toutefois : les propriétés anciennes nécessitent souvent des travaux de rénovation, notamment au niveau de la plomberie, de l’électricité et de l’isolation. Prévoyez un budget pour cela si vous achetez dans l’ancien.
Particularités du logement au Portugal
Un aspect qui surprend souvent les Français, c’est l’absence de chauffage central dans de nombreux logements portugais. Les Portugais considèrent que leur climat est suffisamment doux pour ne pas avoir besoin de chauffage.
En réalité, les hivers sont frais, surtout dans le nord. L’humidité fait le reste : on a froid à l’intérieur. Avant de signer, vérifiez la présence d’un chauffage, climatisation réversible ou radiateurs électriques.
Travailler au Portugal : secteurs, salaires et opportunités
Les secteurs qui embauchent le plus de francophones sont les centres d’appels multilingues, la tech, le tourisme et la santé. Un poste s’obtient plus facilement une fois sur place qu’à distance. Et les rémunérations restent bien inférieures aux niveaux français, y compris pour les profils qualifiés.
Le marché de l’emploi portugais offre des opportunités dans plusieurs secteurs, notamment pour les personnes multilingues. Toutefois, il faut être réaliste : trouver un emploi au Portugal n’est pas toujours simple, et les salaires sont nettement inférieurs à ceux pratiqués en France.

Est-il facile de trouver du travail au Portugal ?
Disons que tout est relatif. Cela va dépendre de votre profil, du secteur que vous visez, de vos compétences linguistiques et de votre persévérance.
Si vous ne possédez pas une bonne maîtrise du portugais, il est certain que vos options seront plus limitées. En revanche, si vous dominez l’anglais et le français, vous aurez de meilleures chances de décrocher un emploi dans une entreprise internationale, surtout à Lisbonne ou Porto.
Comme je le dis souvent, trouver un emploi à l’étranger demande de la motivation, de la préparation et une bonne dose de persévérance !
Les secteurs qui recrutent
Certains secteurs au Portugal recrutent davantage que d’autres, notamment :
Le tourisme et l’hôtellerie : Avec 29,9 millions de touristes non-résidents accueillis en 2025 selon l’INE, le Portugal a un besoin constant de personnel dans les hôtels, restaurants, agences de voyage et services touristiques. Attention toutefois, les salaires dans ce secteur sont souvent proches du SMIC.
Les nouvelles technologies et le digital : Lisbonne et Porto sont devenues des hubs technologiques importants en Europe. De nombreuses start-ups et entreprises tech s’y sont installées, créant des opportunités pour les développeurs, designers, chefs de projet, etc.
Les centres d’appels multilingues : C’est l’un des secteurs qui embauchent le plus de francophones. De nombreuses entreprises internationales ont délocalisé leurs services clients au Portugal. Si vous parlez français et anglais couramment, vous trouverez facilement un poste, même sans expérience.
La santé : Le Portugal manque de médecins et d’infirmiers, notamment dans les zones rurales. Si vous travaillez dans le secteur médical et que vous êtes prêt à faire reconnaître votre diplôme, vous trouverez des opportunités.
Les services aux entreprises : Comptabilité, consulting, ressources humaines, marketing… Les grandes villes portugaises ont besoin de professionnels qualifiés dans ces domaines.
Le commerce et la vente : Les boutiques, supermarchés et centres commerciaux recrutent régulièrement, surtout dans les zones touristiques où l’anglais et le français sont des atouts.
Travailler au Portugal sans parler portugais, est-ce possible ?
Oui, c’est possible, mais vos options seront limitées aux entreprises internationales ou aux postes en contact avec une clientèle francophone ou anglophone.
Si vous arrivez au Portugal pour la première fois, il est très probable que vous ne parliez pas encore portugais. Pour trouver un emploi rapidement, orientez-vous vers :
- Les centres d’appels multilingues
- Les entreprises tech (où l’anglais est la langue de travail)
- Les écoles françaises ou internationales (si vous êtes enseignant)
- Le secteur touristique dans les zones très fréquentées
Reste un point décisif : apprendre la langue du pays. Même si vous pouvez vous débrouiller en anglais au début, apprendre le portugais vous ouvrira beaucoup plus de portes et facilitera considérablement votre intégration.
Freelance au Portugal : le statut « Recibos Verdes«
Se lancer en tant que freelance à l’étranger est une excellente solution si vous suivez votre conjoint dans sa mobilité internationale. C’est le cas au Portugal, où le statut d’indépendant est bien encadré.
Vous avez deux options :
Option 1 : Garder votre micro-entreprise française
Vous pouvez tout à fait créer votre micro-entreprise en France et résider au Portugal. Cette option est intéressante si vous travaillez principalement avec des clients français ou européens.
Attention toutefois : après un certain temps de résidence au Portugal (généralement 183 jours par an), vous devenez résident fiscal portugais et devrez déclarer vos revenus au Portugal.
Option 2 : Le statut « Recibos Verdes«
Si vous souhaitez déclarer votre activité freelance directement au Portugal, vous pouvez adhérer au statut « Recibos Verdes« . C’est l’équivalent de notre auto-entrepreneur français.
Les démarches sont relativement simples :
- Obtenir votre NIF
- Vous inscrire en tant que travailleur indépendant auprès des Finanças
- Choisir votre code d’activité (CAE)
- Émettre des factures (recibos verdes) à vos clients
Les charges sociales et fiscales dépendent de vos revenus, mais globalement, le système portugais est assez favorable aux indépendants, surtout si vous débutez.
Pour les conjoints d’expatriés qui souhaitent lancer une activité indépendante à l’occasion de leur installation au Portugal, c’est une excellente opportunité de travailler tout en profitant de cette nouvelle vie.
Chercher un emploi avant ou après l’arrivée ?
Idéalement, commencez à prospecter 2-3 mois avant votre départ. Utilisez les job boards utiles pour les Français expatriés et contactez directement les entreprises qui vous intéressent.
Mais soyez réaliste : la plupart des employeurs préfèrent rencontrer les candidats en personne. Vous aurez donc plus de chances de décrocher un poste si vous êtes déjà sur place.
Si vous avez un peu d’épargne, je vous recommande d’arriver au Portugal avec un budget de 3-4 mois de dépenses devant vous, le temps de trouver un emploi.
Quel salaire pour vivre confortablement au Portugal ?
Pour vivre confortablement au Portugal en 2025, un célibataire a besoin d’un salaire minimum de 1 500€ par mois. Avec 2 000€ mensuels, vous pouvez profiter de sorties régulières et de loisirs. Pour une famille de 4 personnes, prévoyez au minimum 2 500-3 000€ pour vivre sans compter chaque euro.
Le salaire minimum au Portugal
Il faut savoir que les salaires au Portugal sont sensiblement plus bas qu’en France. Le salaire minimum portugais est fixé à 920 € bruts par mois depuis le 1er janvier 2026, en application du décret-loi n° 139/2025. Il est versé quatorze fois par an, ce qui correspond à 12 880 € bruts sur l’année. Après la cotisation de 11 % à la Sécurité sociale, il reste 818,80 € nets mensuels.
La comparaison avec la France doit se faire sur une même base. Le SMIC français atteint 1 867,02 € bruts par mois depuis le 1er juin 2026, soit 22 404 € bruts sur douze mois. Sur une année complète, le minimum portugais est donc inférieur d’environ 43 % au minimum français. Une trajectoire de hausse est prévue jusqu’en 2029, avec un objectif annoncé de 1 100 €.
Le salaire moyen au Portugal
Sur l’ensemble de l’année 2025, la rémunération brute mensuelle moyenne s’est établie à 1 694 €, en hausse de 5,6 % sur un an, selon l’INE. Cette moyenne masque un écart important : 2 244 € dans la fonction publique, contre 1 483 € dans le secteur privé. Et la rémunération de base, hors primes et subsídio de alimentação, tombe à 1 277 €. C’est ce dernier chiffre qui reflète le mieux ce que touche un salarié ordinaire (Source : INE, Estatísticas do Emprego, publication du 13 février 2026).
Bien entendu, cela varie énormément selon :
- Votre secteur d’activité
- Votre niveau de qualification
- Votre expérience professionnelle
- La ville où vous travaillez (Lisbonne paie mieux que les zones rurales)
Voici quelques fourchettes de salaires mensuels nets par secteur :
| Secteur | Salaire débutant | Salaire expérimenté |
| Centre d’appels | 900-1 100€ | 1 200-1 500€ |
| Tourisme/Hôtellerie | 900-1 200€ | 1 300-1 700€ |
| IT/Développement | 1 500-2 200€ | 2 500-4 000€ |
| Marketing/Communication | 1 100-1 600€ | 1 800-2 800€ |
| Enseignement | 1 200-1 600€ | 1 800-2 500€ |
| Santé (infirmier) | 1 300-1 800€ | 2 000-2 800€ |
Budget nécessaire selon votre situation
Pour une personne seule, 1 200 € par mois couvrent l’essentiel en colocation. À partir de 1 500 à 1 800 €, vous logez seul et vous sortez de temps en temps. Passé 2 000 €, le confort devient réel.
Un couple sans enfant vit correctement à partir de 1 800 €, confortablement entre 2 200 et 2 500 €. Pour une famille avec deux enfants, la barre monte à 2 500 € minimum, et plutôt 3 000 à 3 500 € pour cesser de compter. Ces repères valent hors des grandes villes. À Lisbonne, ajoutez 20 à 30 %.
Le pouvoir d’achat au Portugal
Malgré des salaires plus bas, le niveau général des prix est également inférieur d’environ 20 % à celui de la France. En tant que conjoint expatrié, c’est à vous de déterminer quel niveau de revenu vous satisferait en fonction de vos attentes de vie.
Le coût de la vie au Portugal comparé à la France
L’un des grands atouts de vivre au Portugal, c’est que le coût de la vie y est sensiblement moins élevé qu’en France. Eurostat publie chaque année un indice de niveau de prix de la consommation individuelle effective, base 100 pour la moyenne européenne. Pour 2025, le Portugal se situe à 85,3 et la France à 106,4, soit un écart d’environ 20 %. Ces valeurs restent provisoires jusqu’à la révision de décembre 2026.
Attention : cela ne signifie pas que TOUT est moins cher. Certains postes de dépenses sont au même prix, voire plus chers qu’en France.
Tableau comparatif France vs Portugal
| Poste de dépense | Portugal | France | Différence |
| Loyer T2 centre-ville | 800€ | 1 200€ | -33% |
| Loyer T2 périphérie | 600€ | 900€ | -33% |
| Alimentation (courses mensuelles) | 250€ | 350€ | -28% |
| Restaurant (repas moyen) | 12€ | 18€ | -33% |
| Café | 0,80€ | 1,50€ | -47% |
| Transport en commun (abonnement) | 40€ | 90€ | -56% |
| Essence (litre) | 1,75€ | 1,80€ | -3% |
| Électricité (mensuel) | 80-120€ | 100-150€ | -15% |
| Internet/Mobile | 30-50€ | 40-60€ | -20% |
| Cinéma (place) | 7€ | 11€ | -36% |
| Salle de sport (abonnement) | 30€ | 40€ | -25% |
Alimentation : tout dépend de vos habitudes
Faites vos courses chez Continente, Pingo Doce ou Lidl, en privilégiant les produits locaux. Les économies sont immédiates. Fruits, légumes, poissons et produits de base restent très accessibles.
En revanche, si vous ne jurez que par les produits français importés (fromage, charcuterie, vins français), vous paierez beaucoup plus cher. Ces produits sont considérés comme des produits d’importation et sont donc plus onéreux.
| Mon conseil Adoptez les habitudes alimentaires portugaises ! La cuisine locale est délicieuse et bien meilleure pour votre porte-monnaie. |
Logement : le plus gros poste de dépense
L’habitation représente la plus grosse part de votre budget, surtout si vous vivez à Lisbonne ou Porto. C’est le poste où les prix ont le plus augmenté ces dernières années.
En périphérie des grandes villes ou dans les régions moins touristiques, vous ferez des économies significatives.
Le prix des transports
Le prix des transports en commun au Portugal dépendent de votre ville de résidence. À Lisbonne, le passe Navegante métropolitain coûte 40 € par mois, tarif gelé depuis 2019 et reconduit pour 2026. Le passe Navigo toutes zones est à 90,80 € sur la même période. L’écart est de plus du double.
En revanche, les autoroutes sont chères au Portugal. Si vous traversez le pays du nord au sud (environ 720 km), vous paierez environ 50€ de péages. C’est l’un des points où le Portugal est plus cher que la France.
Électricité : attention à la facture !
Un point qui surprend souvent les expatriés qui vivent au Portugal : la facture d’électricité grimpe vite. Le prix du kWh reste pourtant sous la moyenne européenne. Ce qui coûte cher, c’est la consommation. Peu de logements sont correctement isolés, et le chauffage passe presque toujours par l’électrique. Résultat : 15,7 % des ménages portugais déclarent ne pas parvenir à chauffer correctement leur logement, contre 9,2 % dans l’Union européenne (Eurostat, données 2024).
Comptez entre 80€ et 150€ par mois selon votre consommation et la taille de votre résidence.
Services et loisirs : très abordables
Sortir au restaurant, aller au cinéma, prendre un café en terrasse… tout cela reste très accessible au Portugal. C’est vraiment agréable de pouvoir profiter de ces petits plaisirs sans se ruiner.
En faisant attention à vos dépenses et en adoptant un mode de vie local, vous pouvez vivre très confortablement au Portugal avec un budget inférieur à celui nécessaire en France. En revanche, ne vous attendez pas à vivre comme un prince avec un SMIC portugais !
La fiscalité portugaise : ce qui a changé ces dernières années
Trois choses à savoir avant d’entrer dans le détail. Le régime NHR est fermé depuis 2024. Le dispositif qui l’a remplacé, l’IFICI, applique 20 % pendant dix ans mais vise des profils très ciblés et n’accorde rien aux pensions. Pour tous les autres, c’est le barème progressif de l’IRS qui s’applique, de 12,5 % à 48 %.
La fiscalité du pays a longtemps été l’un des arguments majeurs pour attirer les expatriés fortunés et les retraités français. Toutefois, la donne a changé en 2024 avec la suppression du fameux régime fiscal NHR (Résident Non Habituel).
La fin du régime NHR en 2024
Pendant plus de 15 ans, le Portugal a proposé le régime NHR, mis en place en 2009. Ce dispositif permettait aux nouveaux résidents fiscaux de bénéficier d’une exemption totale ou d’un taux d’imposition réduit à 20% sur certains revenus pendant 10 ans.
Ce régime attirait particulièrement :
- Les retraités français (exonération des pensions) qui souhaitent vivre au Portugal
- Les travailleurs indépendants à forte valeur ajoutée
- Les cadres expatriés dans certains secteurs
Mais le gouvernement portugais a décidé de supprimer ce régime en 2024, face aux critiques sur les inégalités fiscales et l’explosion des prix immobiliers causée en partie par l’afflux d’expatriés fortunés.
Les personnes déjà inscrites au NHR conservent leur avantage jusqu’au terme de leurs dix ans, soit jusqu’en 2033 ou 2034 pour les dernières entrées.
Un régime transitoire, prévu à l’article 236 de la loi n° 82/2023, a par ailleurs ouvert le dispositif à ceux qui sont devenus résidents fiscaux avant le 31 décembre 2024 et qui se sont inscrits avant le 31 mars 2025, sous conditions : promesse ou contrat de travail signé avant fin 2023, bail, ou démarche de visa engagée avant cette même date. Pour une arrivée aujourd’hui, en revanche, la porte est fermée.
Le nouveau régime fiscal pour les expatriés
Pour remplacer le NHR, le Portugal a mis en place de nouveaux dispositifs, moins avantageux mais qui restent attractifs :
L’IFICI, le régime qui a remplacé le NHR
Le régime successeur s’appelle IFICI, pour Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação. Il est prévu à l’article 58.º-A du Statut des avantages fiscaux et encadré par la Portaria n.º 352/2024/1 du 23 décembre 2024.
Il applique un taux d’imposition de 20 % pendant dix ans sur les revenus d’activité de source portugaise. Il vise des profils délimités : chercheurs, enseignants du supérieur, professions très qualifiées dans des secteurs reconnus par l’AICEP ou l’IAPMEI, collaborateurs d’entreprises menant des activités de recherche et développement.
Point important pour les futurs retraités : contrairement à l’ancien NHR, l’IFICI n’accorde aucun avantage aux pensions. Faites valider votre éligibilité par un fiscaliste portugais avant de bâtir un plan financier dessus.
Autrement dit, pour la grande majorité des arrivants, l’avantage fiscal n’existe plus.
La fiscalité portugaise standard
En tant que résident fiscal portugais, vous êtes soumis à un barème progressif à neuf tranches. Attention à une confusion fréquente : ces taux s’appliquent au revenu imposable, c’est-à-dire après la déduction spécifique de 4 104 € pour les salariés, et non au salaire brut.
| Revenu imposable annuel | Taux d’imposition |
| Jusqu’à 8 342 € | 12,5 % |
| De 8 342 € à 12 587 € | 15,7 % |
| De 12 587 € à 17 838 € | 21,2 % |
| De 17 838 € à 23 089 € | 24,1 % |
| De 23 089 € à 29 397 € | 31,1 % |
| De 29 397 € à 43 090 € | 34,9 % |
| De 43 090 € à 46 566 € | 43,1 % |
| De 46 566 € à 86 634 € | 44,6 % |
| Plus de 86 634 € | 48 % |
À première vue, ces taux peuvent sembler élevés. Mais il existe de nombreuses déductions fiscales possibles (frais de santé, éducation, charges familiales) qui réduisent l’impôt final.
Convention fiscale France-Portugal
Une bonne nouvelle : la France et le Portugal ont signé une convention de non-double imposition. Cela signifie que vous ne paierez pas deux fois des impôts sur les mêmes revenus.
Si vous devenez résident fiscal au Portugal (plus de 183 jours par an dans le pays), vous devrez déclarer l’ensemble de vos revenus mondiaux au Portugal. En revanche, vous bénéficierez d’un crédit d’impôt pour éviter la double imposition.
Autres taxes à connaître
L’IMI (Imposto Municipal sobre Imóveis) : C’est la taxe foncière portugaise. Elle s’élève à 0,3-0,8% de la valeur cadastrale du bien par an. Bien moins élevée qu’en France !
L’IMT (Imposto Municipal sobre Transmissões) : C’est la taxe sur les transactions immobilières, à payer lors de l’achat d’un bien. Elle varie de 0% à 8% selon la valeur du bien.
L’IRS (Imposto sobre o Rendimento das Pessoas Singulares) : C’est l’impôt sur le revenu dont nous venons de parler.
La TVA (IVA au Portugal) : Le taux standard est de 23%, avec des taux réduits de 13% et 6% pour certains produits.
Les difficultés de vivre au Portugal (la réalité terrain)
Cinq points reviennent systématiquement dans les témoignages d’expatriés : des salaires bas, un marché locatif saturé, la langue, les délais d’attente à l’hôpital public et une administration lente. Aucun n’est rédhibitoire. Tous méritent d’être anticipés.
Soyons honnêtes : vivre au Portugal n’est pas un long fleuve tranquille. Comme toute expatriation, cela comporte son lot de défis et de difficultés. Il est important d’en être conscient avant de partir pour éviter les déceptions.
Des salaires peu élevés
C’est probablement le premier frein pour de nombreux expatriés. Le décalage avec la France est réel. Le salaire annuel moyen d’un salarié à temps plein atteignait 24 818 € au Portugal en 2024, contre 39 800 € en moyenne dans l’Union européenne, selon Eurostat. Le pays figure ainsi parmi les dix salaires moyens les plus bas des Vingt-Sept.
Au salaire minimum, soit 920 € bruts et 818,80 € nets, vivre confortablement à Lisbonne ou à Porto tient de l’exercice d’équilibriste. Même avec 1 200 € par mois, le budget reste serré.
C’est un élément à prendre très au sérieux dans votre réflexion. Beaucoup d’expatriés arrivent avec l’idée que le coût de la vie bas compensera les salaires faibles, mais ce n’est pas toujours le cas, surtout si vous avez des enfants ou des prêts à rembourser.
Des semaines de travail plus longues
Un autre aspect qui surprend les Français : la semaine de travail standard au Portugal est de 40 heures (contre 35 heures en France). Certains secteurs demandent même plus, avec des horaires décalés.
Si vous travaillez dans le tourisme ou la restauration, attendez-vous à des journées longues, souvent jusqu’à 10-12 heures, avec des horaires coupés. Les conditions de travail ne sont généralement pas aussi protectrices qu’en France.
La difficulté à trouver un logement en location longue durée
Le marché locatif est très tendu, surtout dans les grandes villes et les zones touristiques. L’essor des locations de type Airbnb a réduit considérablement l’offre de logements en location longue durée.

Vous devrez être patient, réactif et parfois accepter une habitation qui ne correspond pas exactement à vos attentes. Beaucoup d’expatriés finissent par acheter une propriété faute de trouver une location convenable.
La barrière de la langue
Le portugais est une langue complexe à apprendre pour un francophone. La prononciation est particulièrement difficile, avec des sons qui n’existent pas en français.
L’anglais dépanne dans les zones touristiques et les grandes villes. Il ne suffit plus dès qu’il s’agit d’une démarche administrative, d’un rendez-vous médical, d’une facture à contester ou d’une conversation avec vos voisins. Pour un emploi local, il ne suffit pas du tout.
Sans un minimum de portugais, vous risquez de vous sentir isolé et de passer à côté de nombreuses opportunités. Apprendre la langue locale reste le meilleur investissement que vous puissiez faire.
Le système de santé public saturé
Le Service National de Santé portugais (SNS) est gratuit ou peu coûteux, ce qui est un avantage indéniable. Mais il connaît des difficultés importantes :
- Délais d’attente très longs pour obtenir un rendez-vous avec un médecin généraliste (parfois plusieurs semaines)
- Difficulté à se voir attribuer un médecin de famille, surtout dans les grandes villes
- Listes d’attente pour les opérations non urgentes qui peuvent aller de plusieurs mois à plus d’un an
Bonne nouvelle rarement relayée : depuis le 1er juin 2022, les taxas moderadoras ont disparu de presque tout le service public portugais. Consultations en centre de santé, consultations hospitalières programmées, examens prescrits et chirurgies sont gratuits pour les usagers inscrits. Le paiement ne subsiste qu’aux urgences hospitalières sans orientation préalable du SNS ou de la ligne SNS 24.
De nombreux expatriés optent pour une assurance santé privée (entre 50€ et 150€ mensuels selon l’âge et les garanties) pour avoir accès rapidement aux soins dans les cliniques privées.
La bureaucratie portugaise
Ah, la bureaucratie… C’est un sujet récurrent parmi les expatriés au Portugal. Les démarches administratives peuvent être longues, complexes, et parfois décourageantes.
Il n’est pas rare d’avoir des informations contradictoires selon l’interlocuteur, de devoir revenir plusieurs fois pour compléter un dossier, ou de voir une procédure traîner pendant des mois.
Un réflexe utile : armez-vous de patience, prenez toujours plusieurs photocopies de vos documents, et n’hésitez pas à faire appel à un avocat ou à un « despachante » (intermédiaire administratif) pour les démarches les plus complexes.
Les hivers plus frais qu’attendu
Beaucoup de personnes s’installent au Portugal en pensant avoir un climat chaud toute l’année. Si c’est vrai dans l’Algarve, le reste du pays connaît des hivers qui peuvent être frais et humides.
À Porto ou dans le centre du Portugal, les températures descendent régulièrement en dessous de 10°C en hiver, et l’humidité rend l’atmosphère assez froide à l’intérieur des logements, surtout s’ils ne sont pas équipés de chauffage.
Le choc culturel
Même si le Portugal reste culturellement proche de la France, vous vivrez forcément un certain choc culturel. Les rythmes de vie sont différents, les codes sociaux aussi, et il faut du temps pour s’adapter.
Certains expatriés trouvent les Portugais un peu réservés au début, d’autres sont frustrés par le rythme administratif plus lent, ou par les horaires de travail différents. C’est normal, et cela fait partie de l’expérience de l’expatriation.
Bref, vivre au Portugal comporte des défis réels. Mais si vous les anticipez et que vous êtes prêt à vous adapter, ces difficultés ne devraient pas gâcher votre expérience. Comme on dit : « Nada é perfeito ! » (Rien n’est parfait !)
Ce qu’il faut retenir pour vivre au Portugal
Vous arrivez à la fin de ce guide, et vous avez maintenant une vision beaucoup plus claire de ce que signifie réellement vivre au Portugal. Récapitulons les points essentiels.
Les avantages majeurs de vivre au Portugal
Qualité de vie exceptionnelle
- Climat doux, avec 17,9 °C de moyenne annuelle à Faro selon l’IPMA
- Rythme de vie plus détendu et moins stressant
- Pays très sûr avec un faible taux de criminalité
- Proximité avec la nature (plages, montagnes, campagne)
Coût de la vie inférieur à la France
- Niveau général des prix inférieur d’environ 20 % (Eurostat, 2025)
- Alimentation et restaurants très abordables
- Transports en commun bon marché
- Loisirs et sorties accessibles
Accueil chaleureux
- Population généralement bienveillante envers les étrangers
- Grande communauté française bien établie
- Facilité d’intégration si vous faites l’effort d’apprendre la langue
Proximité géographique
- À seulement 2h d’avion de Paris
- Possible de rentrer facilement voir la famille
- Réduction du choc culturel
Paysages magnifiques
- Diversité incroyable : plages, falaises, montagnes, vignobles
- Villes historiques et charmantes
- Patrimoine culturel riche
Les points d’attention et difficultés
Salaires inférieurs à la France
- Salaire minimum à 920 € bruts sur 14 mois, contre 1 867 € bruts sur 12 mois en France
- Salaire annuel moyen de 24 818 € en 2024, contre 39 800 € de moyenne européenne (Eurostat)
- Semaine de travail de 40 heures
Marché immobilier tendu
- Difficulté à trouver un logement en location longue durée
- Prix élevés à Lisbonne et Porto
- Habitations parfois mal isolées, sans chauffage
Barrière de la langue
- Portugais difficile à apprendre pour un francophone
- Indispensable pour l’intégration et l’emploi
- L’anglais ne suffit pas hors zones touristiques
Système de santé public saturé
- Délais d’attente très longs
- Difficulté à obtenir un médecin de famille
- Nécessité d’une assurance privée pour un accès rapide aux soins
Bureaucratie complexe
- Démarches administratives longues
- Informations parfois contradictoires
- Patience nécessaire
Fin du régime fiscal avantageux NHR
- Supprimé en 2024 pour les nouveaux arrivants
- Fiscalité standard moins attractive
Budget mensuel minimum recommandé
| Situation | Budget minimum | Budget confortable |
| Célibataire | 1 200€ | 1 500-1 800€ |
| Couple | 1 800€ | 2 200-2 500€ |
| Famille (4 pers) | 2 500€ | 3 000-3 500€ |

Et pour ne rien oublier avant votre départ à l’étranger, n’oubliez pas de télécharger ma check-list spécialement conçue pour les expatriés. Elle vous accompagnera dans toutes vos démarches et vous évitera bien des oublis avant de partir vivre au Portugal.
L’expérience d’une expatriation au Portugal vous tente ?
Alors, vivre au Portugal, bonne ou mauvaise idée ? La réponse vous revient. Le pays a beaucoup à donner : un climat doux, un rythme plus calme, une vraie qualité de vie. À condition d’accepter des salaires plus bas et une administration lente.
En revanche, il faut être réaliste sur les difficultés : la barrière de la langue, les salaires inférieurs à la France, le marché locatif tendu et le système de santé saturé sont des aspects à ne pas négliger dans votre réflexion.
« Apprendre la langue locale est indispensable pour vous intégrer plus facilement. »
Bien entendu, je ne cesserai jamais d’insister sur l’importance d’apprendre la langue du pays. Un minimum de portugais (ou au moins d’anglais solide) me paraît indispensable pour vous permettre de communiquer, de vous intégrer plus facilement et de profiter pleinement de votre nouvelle vie.
Si vous vous expatriez au Portugal en famille, c’est une décision qui peut vraiment transformer votre quotidien. Le pays offre un cadre sécurisé, une éducation de qualité et un environnement idéal pour élever des enfants.
N’hésitez pas à nous partager vos ressentis si vous avez déjà fait l’expérience d’une expatriation sur ce territoire, ou si vous avez des questions supplémentaires pour vivre au Portugal. Je serais ravie de vous donner tous mes conseils si vous sautez le pas !
Bon courage dans votre projet. Et qui sait, peut-être qu’on se croisera un jour sur une plage de l’Algarve ou dans les ruelles de Lisbonne.
FAQ vivre au Portugal
Peut-on vivre au Portugal sans parler la langue du pays ?
Oui, c’est possible, surtout si vous travaillez dans une entreprise internationale ou dans le secteur touristique. L’anglais est assez répandu à Lisbonne, Porto et dans les zones touristiques.
En revanche, pour une intégration réussie et pour élargir vos opportunités professionnelles, je vous recommande vivement d’apprendre le portugais. Sans cela, vous resterez cantonné à un cercle limité d’expatriés et vous passerez à côté de nombreuses opportunités.
De plus, toutes les démarches administratives se font en portugais, et les fonctionnaires parlent rarement anglais. Vous aurez besoin d’aide pour gérer votre quotidien si vous ne comprenez pas la langue.
Quel budget mensuel pour vivre au Portugal ?
Cela dépend de votre situation et de la ville où vous vivez. Voici les budgets minimums recommandés :
- Célibataire : 1 200-1 500€ mensuels pour vivre correctement
- Couple : 1 800-2 200€/mois
- Famille avec 2 enfants : 2 500-3 000€ mensuels
Ces montants vous permettent de couvrir une habitation correcte, l’alimentation, les transports et quelques loisirs. Pour vivre confortablement avec des sorties régulières, augmentez ces budgets de 20-30%.
À Lisbonne et Porto, prévoyez 20-30% de plus qu’ailleurs en raison du coût du logement.
Le Portugal est-il un bon pays pour les familles ?
Oui, sans hésitation. Le pays coche beaucoup de cases et il figure parmi les meilleurs pays pour s’expatrier en famille : sécurité, climat, bienveillance réelle envers les enfants, coût de la vie contenu. Le système éducatif public est correct, et les grandes villes proposent des écoles françaises et internationales. Le vrai arbitrage porte sur la scolarisation : immersion totale à l’école publique, école française plus coûteuse, ou CNED à distance. À vous de choisir selon vos priorités.
Comment est le système de santé ?
Le système de santé portugais est gratuit ou peu coûteux pour les résidents, ce qui est un avantage majeur. Toutefois, il connaît des problèmes importants :
- Délais d’attente longs pour voir un médecin généraliste
- Difficulté à se voir attribuer un médecin de famille
- Saturation des urgences
- Listes d’attente pour les opérations non urgentes (plusieurs mois à plus d’un an)
Bonne nouvelle rarement relayée : depuis le 1er juin 2022, les taxas moderadoras ont disparu de presque tout le service public portugais. Consultations en centre de santé, consultations hospitalières programmées, examens prescrits et chirurgies sont gratuits pour les usagers inscrits. Le paiement ne subsiste qu’aux urgences hospitalières sans orientation préalable du SNS ou de la ligne SNS 24.
De nombreux expatriés souscrivent à une assurance santé privée (50-150€/mois) pour avoir accès rapidement aux cliniques privées portugaises, qui offrent des soins de qualité avec peu d’attente.
Faut-il acheter ou louer au Portugal ?
Cela dépend de votre situation et de votre projet à long terme.
Louer est préférable si :
- Vous n’êtes pas sûr de rester au Portugal durablement
- Vous n’avez pas d’apport pour un achat
- Vous voulez tester différentes régions avant de vous fixer
- Vous ne voulez pas vous engager dans un crédit
Acheter est préférable si :
- Vous avez un projet d’installation durable (5 ans minimum)
- Vous avez un apport et une capacité d’emprunt
- Le marché locatif est trop tendu dans votre zone
- Vous souhaitez vous constituer un patrimoine
- Vous voulez profiter de la valorisation immobilière
Attention : les logements anciens nécessitent souvent des travaux importants. Prévoyez un budget rénovation si vous achetez dans l’ancien.
Mes retraites françaises sont-elles imposées au Portugal ?
Tout dépend de leur nature. Les pensions du secteur privé, régime général et complémentaires comprises, sont imposables uniquement dans l’État de résidence. Si vous résidez fiscalement au Portugal, elles relèvent donc du barème de l’IRS portugais et cessent d’être imposées en France.
Les pensions publiques, versées au titre d’un emploi dans la fonction publique française, suivent une autre règle : elles restent imposables en France pour les ressortissants français. C’est la convention franco-portugaise du 14 janvier 1971 qui fixe cette répartition, telle que commentée par l’administration fiscale française. Et non, le régime NHR ne change plus rien à l’affaire : l’IFICI qui l’a remplacé ne prévoit aucun avantage sur les pensions. Faites valider votre situation par un fiscaliste avant de vous engager.
Combien de temps peut-on rester au Portugal sans être résident ?
Trois mois. En tant que citoyen français, vous séjournez librement jusqu’à 90 jours sans aucune formalité. Passé ce délai, vous disposez de 30 jours pour demander votre certificat d’enregistrement auprès de la mairie. La résidence fiscale obéit à une logique différente. Elle s’établit dès 183 jours de présence sur douze mois, ou dès lors que vous disposez d’un logement laissant supposer une installation durable. Les deux notions sont indépendantes, et c’est précisément là que naissent la plupart des mauvaises surprises.
Est-il difficile de trouver un emploi au Portugal ?
Cela dépend de votre profil, de vos compétences et du secteur visé.
Secteurs qui recrutent facilement :
- Centres d’appels multilingues (si vous parlez français + anglais)
- Nouvelles technologies (développeurs, designers)
- Tourisme et hôtellerie (surtout en saison)
- Santé (si vous faites reconnaître votre diplôme)
Difficultés à prévoir :
- Salaire annuel moyen de 24 818 € en 2024, contre 39 800 € de moyenne européenne (Eurostat)
- Concurrence importante sur certains postes
- Nécessité de parler la langue du pays pour la plupart des emplois locaux
- Semaine de travail de 40 heures
Si vous êtes conjoint d’expatrié, envisagez le freelance ou le télétravail, qui offrent plus de flexibilité.
Peut-on vivre au Portugal en tant que retraité ?
Oui, le Portugal est une destination très prisée des retraités français.
Avantages :
- Coût de la vie inférieur à la France
- Climat doux et agréable toute l’année
- Excellente qualité de vie
- Système de santé accessible (même si saturé)
- Proximité avec la France
Points d’attention :
- Le régime fiscal NHR avantageux n’existe plus pour les nouveaux arrivants
- Vous devrez déclarer vos pensions au Portugal si vous y résidez fiscalement
- Les délais de soin dans le système public sont longs (pensez à une assurance privée)
Beaucoup de retraités s’installent en Algarve ou dans le centre du Portugal. À noter : l’IFICI, qui a remplacé le NHR, ne prévoit aucun avantage fiscal sur les pensions.

